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Je fais de la photographie d’auteur et que ce n’est pas confortable.

Hier, une personne, une quelqu’une, est passée à la maison.

À un moment de la conversation, on a parlé photo, elle a regardé des tirages de mes images.
Sa première remarque a été de me dire que l’ « on » n’avait pas l’habitude de voir ce type de photo.
La seconde a été de me dire que ça ne devait pas être facile a vendre parce-que ça ne plaisait pas a tout le monde.
Je ne me  souviens plus exactement de sa phrase, mais c’était l’idée, ou tout du moins ce que j’en ai retenu.
Là, mon « putain » d’ego, est sorti de sa boite tel une pantin gesticulant sur son ressort.
Je ne l’ai pas vu arriver.
Je lui ai répondu que ça n’avait pas d’importance (ce qui est substantiellement faut.) , que je faisais des propositions et que les gens étaient libre d’apprécier ou pas (ce qui est intrinsèquement vrai).
La conversation s’est continuée de manière courtoise.
J’irai faire des photos lors d’une prochaine manifestation qu’elle organise.
Elle m’a même proposé un stand d’exposition lors d’une autre manifestation estivale.

Alors de quoi tu te plains Loze !!!

 
Ben, de moi, de ma réaction épidermique a la con.
En fait, je me suis déçu.

Je fais de la photographie d’auteur.

Ce n’est pas la première fois que je montre mon travail.
À chaque fois, je dois faire face a des remarques de ce genre.
À chaque fois je dois justifier le pourquoi du comment, je fais les choses.
Ce n’est pas anodin d’exposer son travail, a fortiori lorsqu’il sort du cadre.
Je ne suis pas encore très confortable avec mon choix « artistique ».
Et en plus, je n’ai pas envie de palabrer, d’expliquer, d’argumenter.
Je laisse l’autre libre de ces ressentis, quels qu’il soient.
J’attends en retour la même liberté.
A priori, je me plante….

Je fais les images que j’ai envie de faire, pas celles dont le public a l’habitude ou s’attend à voir.

 
Les chemins de traverses sont bien moins confortables que les autoroutes, mais j’ai choisi de les parcourir.
C’est quoi, en photographie, les voie express ?
Ce sont toutes ces images bien belles, bien nettes, bien « likées ».
Attention, ce n’est pas un jugement de valeur, ce n’est même pas un jugement du tout.
J’ai un total respect pour tous mes collègues qui font ces très belles images.
J’en apprécie bien souvent la qualité.
De plus, j’aime bien les « like », ils apportent ma dose quotidienne de sérotonine.

J’ai commencé par les autoroutes, comme tout le monde.

Seulement voilà, je me lasse très vite.

Au bout du centième couché de soleil, j’avais l’impression d’avoir fait le tour de la question et de tourner en rond.

Après le millième cheval sautant une barre, idem. J’aime essayer des choses différentes et surtout prendre du plaisir à faire, a chercher a tutoyer mes limites techniques et esthétiques, quitte a ne pas y arriver.

Par exemple, dans la série « retour de Coutances » j’ai pris des photos derrière un pare-brise sale dans une voiture roulant au moins a 80 km/h secoué des routes de campagne le tout en pose « longue ».

Le résultat est intéressant et je me suis beaucoup amusé.

Lors d’une discussion entre photographes, j’ai échangé mon point de vue avec l’un d’eux.

Il fait de superbes photos de paysages maritimes.
À ma théorie sur les couchers de soleil, il répondait qu’a chaque fois les choses étaient différentes et que le spectacle de la nature ne le lassait jamais.
Réflexion…
 
J’ai décidé de libérer mes images, aller de ce qu’elles « se devaient d’être » pour tendre vers ce qu’elles « pouvaient être » et surtout, ce que j’avais envie « quelles soient ».
Cette phrase, je l’ai gravé sur le fronton de mon site et je la récite un peu comme un mantra.
Respecter et assumer ce choix ne sont pas toujours choses aisées.
Art : définition Larousse Création d’objets ou de mises en scène spécifiques destinées à produire chez l’homme un état particulier de sensibilité, plus ou moins lié au plaisir esthétique.
 
Alors oui, je fais des photos d’auteur.
Des photos « artistiques » sans doute avec un « a » encore minuscule.
Et ce n’est pas toujours facile à assumer
. Pas facile d’assumer les moues et les indifférences.
Dix compliments et un reproche, c’est ce dernier que l’on retiens.
Je n’imaginais pas qu’en faisant « clic clac kodak » se pointeraient des questions existentielles .
Qu’il y avait une dimension « développement personnel » dans cette activité.
Je pensais y être peinard…
C’est raté.
 

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