fbpx

Je fais des photos de chevaux de courses.

Il était une fois, toutes les histoires commencent par ces quelques mots la mienne aussi.

Il était une fois donc, un petit garçon qui vivait dans une petite ville du Béarn.
Ce petit garçon avait un grand-père.
Entre eux, pas vraiment de complicité, sans doute, un peu de crainte, l’homme n’était pas d’un abord très facile pour un jeune enfant.
 
Mon grand-père était médecin de campagne, comme on en faisait autrefois, de ceux qui s’en allait a n’importe qu’elle heure du jour et de la nuit pour se rendre auprès de ces malades.
Il avait une passion, un vice : le turf.
C’était un joueur acharné.

Pas une journée ne commençait sans qu’il fasse ses jeux, qu’il ne poinçonne ces tickets.

Tous les après-midi, alors qu’il était en visite chez ces patients, sa femme écoutait les résultats des courses à la radio et les notait religieusement.
Dès son retour, il s’empressait de les consulter.
Il s’en suivait, principalement des moues, des « presque » des « j’en ai deux » et de temps en temps un « Je l’ai » tonitruant, le saint Graal, enfin, atteins .
Le mercredi soir, c’était la piste aux étoiles à la télé et les jeudis, jour de repos des écoliers à cette époque lointaine, il sortait la Renault 10 du dimanche et nous allions à Pau, au PMU.
Là, il compulsait la presse spécialisée, analysait, supputait et enfin pronostiquait.
Moi, je savourai mon traditionnel jus d’abricot.

Les dimanches de courses, nous allions à l’hippodrome voir les galopeurs.

Je garde en mémoire le son des sabots sur l’herbe, le souffle puissant des pur-sangs et les couleurs chamarrées des casaques.
 
Les dimanches sans courses, la vie s’arrêtait net à 15 h 00 pour la diffusion de la grande messe dominicale : le tiercé, commenté par Léon Zitrone.
 
Ainsi furent rythmées mes premières années.
Mon grand-père est parti laissant derrière lui une terre émotionnelle en friche, de profondes blessures. Je l’ai pardonné, sans doute, ne savait-il pas. C’était un autre temps…
Petit, j’ai rêvé d’être jockey. La génétique et sa conséquence d’un mètre quatre-vingt-cinq m’on privé de cette voie, a trente-cinq centimètres prés.

Bien des années plus tard, je me suis retrouvé lié par une longe a une trotteuse qui avait eu l’idée saugrenue de ne pas vouloir de sulky aux fesses .

Mais cette histoire, vous la connaissez déjà.

Je regardais Laurent, l’ancien entraîneur de Jo, travailler ses chevaux et nous visionnions ses courses en vidéo. J’avais remis un orteil dans la porte et le goût de la madeleine aux abricots m’est remonté aux lèvres.
J’ai sus trop tard que ma jument rebelle aurai pu me faire un petit trotou… Fille de champion, elle en avait le droit. Sans doute une bonne chose, en tant qu’éleveur, j’ai tellement rêvé.
Les années ont continué à s’écouler.
C’est étrange cette propension qu’à le temps a ne jamais s’arrêter.

Changement de vie, de décors, d’amis.

Certains parmi ces nouveaux arrivés dans mon existence, étaient dans le milieu des courses, éleveurs, entraîneurs , rêveurs. Merci mon amour.
Un beau dimanche d’été, je me suis retrouvé sur l’hippodrome de Bréhal, un appareil photo à la main.
Et là, tout m’est revenu : mon grand-père, le turf, l’abricot, le bruit des sabots, les souffles des chevaux, la couleur des casaques.
J’ai pris mes premières photos, j’entrai enfin dans la course.
Je ne me souviens pas avoir joué une seule fois, parié sur un seul cheval et je n’en ai pas  envie.
Je connais parfaitement toutes les zones d’ombres qui pèsent sur ce milieu.
Là où règne l’argent, l’humain perd souvent son humanité.
Mais j’ai rencontré tellement de gens bien qui ont mis le cheval au centre de leur vie.
Lorsque je suis sur le bord de la piste, je redeviens ce môme du sud de la France les yeux remplis d’images et de rêves.
Grâce à la photo, je peux être au plus prés, capter ces instants et exprimer ma vision et mon admiration pour le cheval.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :